Suite aux annonces du gouvernement, que revendiquons-nous pour l'enseignement supérieur et les universités ?
Accès au supérieur : des moyens pour les étudiants, du respect pour les personnels
Les mobilisations lycéennes et étudiantes expriment une exigence légitime : pouvoir construire son avenir, accéder à une formation et étudier dans de bonnes conditions. Cette exigence nous concerne toutes et tous. À l’université, l’accueil et la réussite des étudiantes et étudiants reposent sur l’engagement des personnels : BIATSS, enseignantes et enseignants, enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, titulaires, contractuels ou vacataires. Pour la CFDT amU, il n’y a pas à choisir entre les attentes de la jeunesse et les conditions de travail des collègues. Notre responsabilité syndicale est de les défendre ensemble.
Parcoursup : changer réellement les conditions d’accès au supérieur
Le débat ne peut pas se réduire à conserver ou à supprimer une plateforme. Il doit porter sur ce que nous voulons garantir aux jeunes : une offre de formation publique accessible, une orientation accompagnée, des critères compréhensibles et des possibilités réelles de réussite. La CFDT revendique la création massive de places dans l’enseignement supérieur public, le renforcement de l’accompagnement à l’orientation dès le lycée et la transparence des critères d’accès aux formations. Elle exige également que les personnels soient associés aux évolutions du dispositif et que leur surcharge de travail soit reconnue et compensée. Changer l’outil sans financer les formations ne suffira pas. Maintenir l’outil sans répondre aux inégalités et aux difficultés rencontrées ne suffira pas davantage. Nous voulons une procédure lisible, un accompagnement humain et des moyens à la hauteur des besoins.
Des places supplémentaires, OUI. Des moyens supplémentaires, aussi !
Une place de formation ne se résume pas à une ligne dans une application. Elle suppose des équipes pédagogiques et administratives, des salles, des équipements, des bibliothèques et des services capables d’accompagner les parcours. Nous demandons que toute augmentation des capacités d’accueil s’accompagne :
- De financements publics pérennes et de recrutements à la hauteur des besoins ;
- De locaux et d’équipements adaptés ;
- De moyens pour l’accompagnement pédagogique, l’inclusion et la vie étudiante ;
- D’une évaluation préalable de ses conséquences sur l’organisation et la charge de travail.
Accueillir davantage ne doit pas signifier accompagner moins bien, ni demander aux collègues de faire toujours plus à moyens constants.
Les personnels doivent construire les évolutions, pas les subir
Les collègues qui assurent l’orientation, l’examen des candidatures, les inscriptions, l’accueil et les enseignements connaissent les réalités du travail. Leur expertise doit être entendue avant les décisions, pas sollicitée uniquement lorsqu’il faut les appliquer. À amU, la CFDT demande que tout changement concernant les admissions ou les capacités d’accueil fasse l’objet d’un dialogue avec les équipes et d’un examen dans les instances compétentes. Nous porterons des exigences concrètes :
- Anticiper les calendriers et les besoins, plutôt qu’organiser l’urgence ;
- Mesurer la charge réelle de travail, y compris celle des tâches peu visibles ;
- Prévoir des renforts, du temps de formation et des outils adaptés ;
- Reconnaître et compenser les surcharges, sans faire de leur compensation un substitut aux recrutements ;
- Prévenir les risques pour la santé et préserver les temps de repos.
Le sens du service public ne doit jamais devenir un prétexte à l’épuisement professionnel.
L’égalité d’accès doit devenir une égalité des chances de réussir
Nous voulons une université qui permette à chacune et chacun de construire son parcours, sans que l’origine sociale, le handicap ou les contraintes matérielles ferment les perspectives. Cela suppose de mieux accompagner l’orientation et les réorientations, mais aussi de défendre des conditions de vie étudiante dignes : bourses, logement, restauration et accès aux soins. Notre ambition n’est pas seulement d’ouvrir les portes de l’université. Elle est de donner les moyens d’y étudier et d’y réussir.
Aux élections professionnelles, donner du poids à ces exigences
Les élections professionnelles ne décideront pas, à elles seules, de l’avenir de Parcoursup ou du budget national. Elles détermineront en revanche la force de vos représentantes et représentants pour défendre vos conditions de travail, faire entendre votre expertise et peser sur la mise en œuvre locale des décisions. La CFDT amU propose un syndicalisme qui écoute les réalités, formule des revendications précises, négocie des avancées et mobilise lorsque c’est nécessaire. Nous ne voulons ni de réformes imposées sans moyens, ni d’un statu quo qui laisserait les difficultés sans réponse.
Pour une université publique accessible, des personnels respectés et des transformations construites avec celles et ceux qui les font vivre : aux élections professionnelles, votez CFDT.