Pourquoi tant de flou à Orange ?

Trois écoles visitées en cette rentrée 2026 par des militants à l'écoute des professionnels

À la lecture de La Provence du mercredi 2 septembre 2026 (édition Vaucluse), les allusions du nouveau maire d’Orange, Monsieur Jean-Dominique Artaud (Rassemblement National), posent question. « Mieux vaudra fermer les vieilles écoles et accueillir les enfants ici. Charlemagne est neuve et bien équipée. » (page 9) De quelles écoles parle-t-on ? Quels collègues seront concernés ? Qui doit s’en préoccuper et à quel sujet ? Nous voici donc, trois militants de la CFDT Éducation de l’Académie d’Aix-Marseille, partis à la rencontre des premiers intéressés, les enseignants, le jeudi 17 septembre…

Quelques éléments de contexte avaient déjà été donnés par Jean-Pierre Pasero, élu de longue date à Orange aux affaires scolaires : « Il y a cinq ans, on était à 2500 élèves. […] Et la projection que l’on a faite sur les cinq à dix ans à venir montre que l’on va encore baisser. On va passer en dessous des 2000. » Aujourd’hui, note le même article (La Provence du 1er septembre 2026, page 9), nous en sommes à 2100 pour 109 classes dans 13 écoles publiques et privées. Monsieur Pasero confirme par ailleurs la poursuite de travaux tels que la végétalisation de la cour de la Maternelle Deymarde.

Nous commençons nos visites par cette dernière école, d’autant moins menacée qu’elle a absorbé une partie des effectifs de l’école Mistral fermée au 31 août 2025.

Malgré des conditions de travail parfois excessivement éprouvantes, comme lorsqu’un élève « à besoin éducatif particulier » n’entre pas dans les apprentissages et devient violent, les collègues rencontrés se sont félicités de la cordialité du nouveau Maire, du soutien de leur IEN et des perspectives qui s’offrent au groupe scolaire Deymarde. Sur le papier tous les élèves des écoles Mistral, fermées pour insalubrité à deux pas de la Gare d’Orange, pouvaient entrer dans les effectifs du groupe « Charlemagne » inauguré simultanément, mais certaines familles ont obtenu à la rentrée 2025 une dérogation pour les écoles Deymarde, plus proches du centre, et les élèves concernés y termineront leur scolarité.

Une rumeur insistante vise plutôt le groupe scolaire du Coudoulet. Nous y effectuons notre visite suivante. Les équipes y sont inquiètes. Satisfaites de leur environnement de travail, de leurs classes, de la cour boisée immense qui les entoure et surtout du bon esprit insufflé aux élèves, attesté par des résultats fort corrects aux évaluations nationales, on leur promet la… fermeture.

 

Il n’est pas déplacé de parler ici, par conséquent, de mal-être au travail. Le dispositif du Registre Santé Sécurité Conditions de Travail accessible sur la plateforme esterel dans l’application « PGR » pour signaler un RPS (Risque Psycho-Social) nous paraît dès à présent l’outil adéquat afin alerter l’administration. Qu’est-ce qui attend nos collègues du Coudoulet ? La mutation à « Charlemagne » ? Cinq classes d’élémentaire et trois de maternelle dans un groupe scolaire qui n’a plus que quatre salles d’élémentaire et une de maternelle à offrir ?

 

Décidément, Monsieur Yann Bompard l’inénarrable et finalement inéligible maire de l’époque n’aura pas laissé que des bons souvenirs, lui qui défendait lors du conseil municipal du lundi 3 février 2025, « son projet d’école Charlemagne » : « J’assume le caractère réactionnaire de vouloir prendre comme nom [pour cette école] (celui de) quelqu’un qui a eu le souci d’instruire le peuple, qui a compris que, pour qu’un pays soit prospère, riche et sécurisé, il fallait instruire ses enfants, transmettre les savoirs, (au lieu de) faire du pédagogisme ou du wokisme. » (La Provence du 4 février 2025, page 7)

 

 

En effet, la cour de « Charlemagne » est, elle, bizarrement étriquée, avons-nous pu enfin constater. Les abords de cet établissement sont malaisés, quels que soient les moyens de transport utilisés. À quoi donc a pensé l’architecte ? Les couloirs y sont disproportionnés. Bref, le sujet du service public d’éducation paraît particulièrement mal traité à Orange, municipalité d’extrême droite depuis plus de 30 ans.