L’intimidation n’est pas une méthode acceptable

Le DASEN des Bouches du Rhône a photographié, fait identifier, puis envoyé un courrier aux familles de lycéens ayant participé à un sit-in. Nous dénonçons ces méthodes.

Dans son édition du 24 avril 2026, La Provence relate que des lycéens ayant participé à un bref sit-in  pacifique le 26 mars devant la DSDEN des Bouches du Rhône ont été photographiés et identifiés à la demande du DASEN. Ce dernier a adressé quelques jours plus tard une lettre à leurs parents pour les informer que « Votre enfant a été reconnu lors d’une manifestation devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale, le 26 mars 2026. »

Dans ces mêmes colonnes M. Bessol assume d’avoir demandé à des proviseurs d’identifier ces élèves au nom de l’entrave à la liberté de circulation des personnels et de l’obligation d’assiduité. Rappelons que cette action lycéenne totalement pacifique survient dans le cadre de plusieurs semaines de mobilisations lycéennes et enseignantes contre la baisse des moyens alloués aux établissements pour la rentrée 2026.

Nous saluons les proviseurs qui ne se sont pas prêtés à cette demande honteuse.

Nous rappelons qu’il n’est nullement besoin que les DASEN investissent dans de couteux téléobjectifs  pour surveiller les absences des lycéens : il y a dans chaque établissement un service appelé « Vie Scolaire » qui s’en charge quotidiennement.

Nous nous étonnons de la célérité et du temps passé à enquêter sur un sit-in pacifique, action de protestation courante, n’ayant donné lieu à aucun débordement.  « L’entrave à la circulation des personnels » pendant quelques dizaines de minutes est  une chose très courante puisqu’à chaque manifestation devant la DSDEN l’entrée principale est verrouillée et les personnels passent par le parking.

Il faut se rendre à l’évidence, ces méthodes indignes visent uniquement à intimider les lycéens engagés dans la mobilisation pour leurs conditions d’études : nous les dénonçons fermement. Il convient d’écouter les revendications légitimes d’une jeunesse inquiète pour son avenir plutôt que de chercher à criminaliser une manifestation pacifique. Nous demandons l’arrêt immédiat de ce ces pratiques de fichage et de pression sur les jeunes et leurs familles.

Enfin, M. Bessol affirme « Ça ne fonctionne pas comme ça, la démocratie, mais dans les urnes. » Non, la démocratie c’est bien entendu le droit fondamental de choisir périodiquement ses représentants mais aussi celui de pouvoir exprimer ses désaccords envers les politiques mises en œuvre. En attendant d’avoir le droit de voter, les lycéens ne doivent pas être réprimés pour avoir fait usage de leur droit à s’exprimer.