Dans la nuit du lundi 18 janvier, de 20h30 à 6h du matin, nous sommes allés à la rencontre des agents d’accueil et de veille du CROUS, plus communément appelés « veilleurs de nuit ».
Cette tournée nocturne nous a permis de visiter l’ensemble des structures disposant de veilleurs et de partager, le temps d’une nuit, leur quotidien professionnel.
Partout, nous avons été accueillis avec gentillesse, bienveillance et une grande ouverture. Malgré la fatigue liée aux horaires décalés, les agents ont pris le temps d’échanger, de témoigner et de nous expliquer leur travail. Nous les en remercions.
Cet accueil chaleureux contraste pourtant avec une réalité de terrain souvent difficile et trop peu reconnue.
Des agents isolés, seuls face à de lourdes responsabilités.
Les veilleurs de nuit travaillent seuls sur leur site, parfois sur des structures comptant jusqu’à dix bâtiments. Cette solitude professionnelle renforce la charge mentale et la responsabilité qui pèse sur leurs épaules : la nuit, ils sont souvent le seul représentant du CROUS présent et accessible.
Durant leur nuit de travail, ils assurent :
- des rondes régulières dans les bâtiments et sur l’ensemble des sites,
- des interventions auprès d’étudiants alcoolisés ou sous l’emprise de stupéfiants,
- la gestion de situations conflictuelles, parfois de bagarres,
- la sécurité des personnes et des biens, souvent dans l’urgence et sans renfort immédiat.
Un travail polyvalent et exigeant.
Le métier de veilleur de nuit ne se limite pas à la surveillance. Il comprend aussi :
- la gestion du prêt de clés pour les salles de travail ou d’activités communes,
- la gestion des clés pour les sociétés d’astreinte intervenant la nuit,
- des interventions techniques de premier niveau,
- la tenue du standard téléphonique,
- la formation des CDD étudiants,
- une adaptation aux outils informatiques.
À ce titre, les veilleurs suivent :
- des formations d’habilitation électrique, leur permettant d’intervenir sur des opérations simples (réarmement de disjoncteurs dans les logements ou parties communes, hors TGBT et locaux transformateurs),
- des formations SSI et incendie, indispensables pour assurer la sécurité des résidences et réagir efficacement en cas d’incident.
Ce sont des agents formés, polyvalents et indispensables au bon fonctionnement des résidences universitaires ainsi qu’à la sécurité des étudiants.
Des contraintes humaines et physiques fortes.
Le travail de nuit a un impact direct sur la santé et la vie personnelle :
- douleurs physiques,
- troubles musculosquelettiques (TMS) liés aux rondes, aux déplacements et aux postures,
- rythme biologique décalé, fatigue chronique,
- difficultés de conciliation avec la vie de famille et la vie sociale.
À cela s’ajoute une autre difficulté majeure :
sur certains sites, les agents ne peuvent pas poser leurs congés librement, en raison du manque de personnel et des difficultés de recrutement pour assurer leur remplacement. Cette situation accentue l’usure professionnelle et le sentiment de ne pas être reconnu à la hauteur des contraintes subies.
Une reconnaissance indemnitaire inexistante.
Il est important de le rappeler clairement :
➡️ Dans la fonction publique, et donc au CROUS, il n’existe ni prime de nuit, ni prime de pénibilité.
Malgré :
- le travail de nuit,
- l’isolement,
- les risques,
- la pénibilité physique et mentale,
les veilleurs de nuit ne bénéficient d’aucune prime spécifique nationale liée à ces contraintes.
Leur reconnaissance repose essentiellement sur des choix locaux, souvent insuffisants et inégaux.
La position de la CFDT
Pour la section CFDT CROUS Aix-Marseille-Avignon, la situation des agents d’accueil et de veille n’est pas acceptable en l’état.
Nous affirmons que :
- le travail de nuit est une contrainte majeure,
- l’isolement et la polyvalence doivent être pleinement reconnus,
- la pénibilité réelle de ces postes doit être prise en compte durablement,
- les difficultés de remplacement et de congés doivent être traitées en priorité.
La section CFDT CROUS Aix-Marseille-Avignon va :
- porter la voix des veilleurs de nuit dans les instances,
- revendiquer une meilleure reconnaissance indemnitaire et professionnelle,
- défendre des conditions de travail dignes et sécurisées.
Les veilleurs de nuit ne sont pas invisibles. Leur travail est essentiel, leur engagement mérite reconnaissance et respect. La CFDT reste à leurs côtés, solidaire et mobilisée.