Un vivier unique de remplaçants « déterritorialisés » et « déspécialisés » dans le 04, vraiment ?

Un Groupe de Travail "remplacement" a réuni les membres du Comité Social d'Administration le mardi 20 janvier 2026 à Digne. Plusieurs Titulaires Remplaçants de la Formation Continue, grévistes, avaient fait le déplacement. Car cette brigade TRFC, composée de 20 PE, est censée disparaître en 2026.

Madame la Directrice Académique Blua prétend en préambule que l’employeur éducation nationale vise « l’amélioration de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail » des personnels remplaçants. Monsieur le Secrétaire Général Adroguer confirme qu’un devoir de protection et ce qu’on appelle la réduction des risques incombent à l’employeur constatant le « danger de mort » que courent les enseignants remplaçants du premier degré sur les routes des Alpes de Haute Provence.

De qui se moque-t-on ? Des 80 professeurs des écoles remplaçants du 04 !

Quelle est la réalité du système de remplacement dans les écoles à l’heure actuelle ?

Des titulaires remplaçants « ordinaires » sont rattachés à une école et à une circonscription de leur choix, obtenues au mouvement. Ils ont opté pour ce poste, souvent en début de carrière, précisément parce qu’ils restaient ancrés dans une circonscription, avec des trajets courts, des remplacements courts ou longs, des écoles connues. Il n’était pas exclu qu’exceptionnellement ils soient envoyés plus loin et dans des circonstances éprouvantes.

Dès lors que la zone de référence de l’algorithme devient le département dans son ensemble pour tout type de remplacement, et que les arrêtés d’affectation des remplaçants seront modifiés dans ce sens, il est permis d’être inquiet. Que va-t-il se passer si le « système » établit que la seule « ressource humaine » encore disponible est « untel » de Malijai pour la SEGPA de Manosque ou l’EREA de la Vallée du Jabron, sans parler de l’envoyer dans l’école à deux classes des confins de Lure ou de l’Ubaye ?

Et la formation continue ? Et l’enseignement spécialisé ?

Les vingt Titulaires Remplaçants de la Formation Continue avaient eux, en connaissance de cause, choisi un poste leur permettant d’assurer des remplacements courts, dans tout le département, avec une anticipation d’une semaine environ, et en acceptant de grands déplacements. Bon an mal an, ces enseignants pour la plupart très expérimentés avaient dû assumer de surcroît, dans notre département, les remplacements particulièrement délicats (ULIS, EGPA, IME, EBEP, etc.). Depuis quelques années par ailleurs, trois d’entre eux étaient affectés aux décharges statutaires de direction des petites écoles.

Eh bien ces gens-là ne pèsent pas lourd dans la balance ! Qu’ils se fondent dans la masse des Zones de Remplacement Infradépartementales, qu’ils se colorent à leur convenance (plutôt « court » ou « long », plutôt « près » ou « loin », plutôt « prévu », plutôt « ardu »… ?) et qu’ils s’en remettent à l’algorithme !

Mais c’est bel et bien des 1000 PE du 04 que l’on se moque !

Quand disparaîtra l’équipe susceptible d’être mobilisée pour remplacer tous les enseignants d’une école ou d’un cycle en même temps, quand la priorité sera donnée aux situations critiques réévaluées au jour le jour, il ne restera plus tendanciellement aucune possibilité de se former sur le temps scolaire. Si c’est l’algorithme qui le dit…

DITES NON A LA FUSION DES BRIGADES DE REMPLAÇANTS DANS LE 04 !